LA LETTRE D'INFORMATION DE GIVAT HAVIVA
SEPTEMBRE 2026
L'éditorial de la Directrice Générale
Chers Amis de Givat Haviva,
Voici revenu le 1er septembre. Autrefois, cette date marquait un moment festif de renouveau et d'espoir. Mais les enfants qui ont commencé leur CP au moment où la pandémie de coronavirus a éclaté font déjà leur entrée au collège, après des années où l’enseignement a souffert des crises successives. Les lacunes ne se mesurent pas seulement en lecture et en mathématiques. Nombre d'élèves grandissent sans les outils nécessaires pour comprendre la réalité qui les entoure, développer leur esprit critique, reconnaître l'injustice et apprendre les fondements de la démocratie et de l'égalité.
Le système éducatif public israélien est en crise profonde. Directeurs et directrices sont débordés par le manque de personnel ; les enseignants sont confrontés à la surcharge de travail, à l'épuisement professionnel et au manque de respect ; et les enfants et les jeunes en paient le prix dans des classes surchargées et un système qui peine à les prendre en considération et à les protéger.
Et pourtant, au milieu de tout cela, il existe quand même des îlots d'espoir. Des femmes et des hommes du personnel éducatif, des parents et des collectivités locales refusent de baisser les bras et créent des espaces d'apprentissage, de réflexion, d'égalité et de vie partagée. À Givat Haviva, nous constatons ce changement chaque jour : les enfants et les jeunes peuvent évoluer lorsqu'ils bénéficient d'un cadre éducatif bienveillant, qui favorise le dialogue, l'écoute et la collaboration. L'éducation est l'un des derniers domaines où une réforme en profondeur est encore possible. J'espère que, dans l'année à venir, l'éducation publique ne sera plus un champ de bataille, mais un moteur de changement démocratique, égalitaire et civique.
Vous pouvez lire l'intégralité de cette tribune sur N12 (en hébreu).
Bien à vous tous,
Michal Sella
Directrice
Générale de Givat Haviva
Un ballon et un
langage en commun
«Je suis arrivé avec beaucoup d'appréhension, car je ne parle pas très bien l'hébreu et je ne connaissais pas les autres garçons. Notre langage commun, c'était le ballon», a confié Ali, 15 ans, originaire de Jatt au journal Yediot Aharonot. À la fin du stage, il a déjà gardé le contact avec certains des participants juifs rencontrés sur place.
Pendant quatre jours, plus de 40 garçons juifs et arabes se sont joints au stage de Football pour la Paix de Givat Haviva. Encadrés par une équipe bilingue, ils se sont entraînés, ont joué, ont passé du temps et ont vécu ensemble. Entre deux passes et deux tirs, ils ont appris à connaître des camarades qu'ils n'auraient jamais rencontrés autrement. Le stage était organisé par le Centre judéo-arabe pour la Paix et encadré par une équipe bilingue de moniteurs juifs et arabes.
Lors d'un match, un garçon a fait une passe à un joueur de l'équipe adverse qui venait de marquer. Un instant plus tard, ils ont couru l'un vers l'autre et se sont donné l’accolade. Pour Haim, un entraîneur qui participait au stage, ce moment était révélateur. Le stage de football mixte se tient à Givat Haviva depuis une dizaine d'années dans le cadre du programme « Éradiquer le racisme et la violence des terrains ».
Zakaria Mahameed, responsable du stage : «C'est précisément dans la dure réalité du terrain que nous nous efforçons d'éduquer une génération, pour que le football ne soit pas facteur de division. Puisque les grands n’y arrivent pas, nous, nous ferons en sorte que la société israélienne s'épanouisse».
D'Israël à une délégation à Saint-Marin : À la fin du stage, un groupe de jeunes garçons des deux communautés s'est envolé pour Saint-Marin, en Italie, afin de participer au tournoi 2026 de Football pour la Paix, sous l'égide de la Fédération mondiale pour la paix (UPF) d'Israël. Ce fut une semaine intense, rythmée par les entraînements, les matchs et les réunions officielles, durant laquelle ils ont même pu rencontrer les dirigeants de la République de Saint-Marin, désireux de faire leur connaissance.
Pour lire un article sur ce stage sur YNET, cliquez ICI (en hébreu).
La liberté à travers les yeux des autres
Nour, de Baka al-Gharbiyeh, et Noga, du kibboutz Dalia, ont grandi non loin l'une de l'autre, mais n'auraient sans doute jamais eu l'occasion de se rencontrer. C'est grâce au programme « A travers les Yeux des Autres» qu'elles se sont rencontrées pour la première fois et ont appris à se connaître par des conversations, la photographie et des projets en commun. Après une année de photographie, d'échanges et de découverte mutuelle, l'exposition finale du programme « A travers les Yeux des Autres», intitulée « Sorti du contexte », a été inaugurée à Givat Haviva. Une vingtaine de jeunes filles et jeunes gens juifs et arabes ont participé tout au long de l'année à des sessions hebdomadaires, où ils ont appris à partager une passion pour la photo et à explorer avec leurs appareils les questions d'identité, d'appartenance, de similitude et de différence.
Il s'agit de la 26ème édition de ce programme, qui opère dans le cadre du Centre judéo-arabe pour la Paix de Givat Haviva. L'exposition, dont le commissariat est assuré par la photographe et coordinatrice du programme, Jinan Halabi, aborde cette année le concept de liberté. Les œuvres présentées n'offrent pas de réponse unique à ce qu’est la liberté, mais proposent plutôt une réflexion complexe sur le désir d'être libre et d'appartenir à un groupe, d'être seul et d'être ensemble.
L'exposition a été rendue possible grâce à un don de Mme Pnina Weiss et de sa famille en mémoire du regretté Dr Aharon Weiss, historien, chercheur et survivant de l'Holocauste. Le couple croyait au pouvoir de l'éducation, de la rencontre et du dialogue pour bâtir un avenir meilleur. Comme l’a dit Pnina Weiss : «Si on veut changer le monde, ça ne peut être que par l'éducation».
Jinan Halabi conclut : « Dans une année où la réalité qui les entourait a exacerbé la peur et les divisions, ils ont choisi de créer ensemble. Non pas pour effacer leurs différences, mais pour aller à leur rencontre. Et de cette rencontre est née la possibilité de voir l'autre, et peut-être soi-même aussi, sous un autre jour ».
Pour lire un article sur l'exposition sur YNET, cliquez ICI (en hébreu).
Photo :
Mira, participante du programme « A travers les Yeux des Autres»
Prochainement :
une nouvelle exposition à la galerie
Que se transmet-on de génération en génération ? Héritons-nous uniquement de caractéristiques physiques, ou aussi de manières de voir, d'intérêts et d'expressions de l'imagination ?
Cette question
est au cœur de l'exposition conjointe « Le Sceau des Générations » des artistes
Edith Kofsky et Liane Sharkiya, sous le commissariat de Barak Rubin, directeur
de la galerie et du Centre d'art commun de Givat Haviva. Chacune des deux
revisite l'espace familial dans lequel elle a grandi : pour Kofsky, le bureau
de son père, le professeur Arieh Kofsky, chercheur en sciences des religions ; pour
Sharkiya, l'héritage de sa grand-mère, Samia Shafik Hasanin, entrepreneuse
textile qui a fondé une usine ayant profondément façonné son monde familial.
Sharkiya
combine photographie, textile et matériaux personnels dans des images à
plusieurs niveaux, qui relient son histoire familiale à la société dans
laquelle elle a grandi. Kofsky, quant à elle, transpose le bureau de son père
en œuvres sur papier, où impressions et procédés photochimiques laissent des
traces d'objets de son univers.
Ensemble, ces
deux éléments suggèrent que non seulement les connaissances et les souvenirs se
transmettent d'une génération à l'autre, mais aussi un point de vue, qui trouve
une nouvelle expression à chaque génération.
Nouvelles brèves
de Givat Haviva
1. Durant l'été, un stage d'hébreu en immersion a été organisé à l'école primaire de Lod, en collaboration avec le département arabe de l'éducation de la municipalité. Les enfants ont appris l'hébreu de manière créative, à travers des jeux et des chansons, et sont repartis très motivés pour poursuivre leur apprentissage.
2. Dernières places disponibles pour les cours de l'Institut de Langue et Civilisation arabe de Givat Haviva. Pour plus de renseignements, cliquez ICI (en hébreu).
3. Enfin, une photo tirée d'une édition précédente du programme « À travers les Yeux des Autres » a été sélectionnée parmi plus de 600 photos pour le concours de la Fondation Roi Baudouin en Belgique. Pour voter, cliquez ICI pour Instagram et ICI pour Facebook. Chaque « Like » compte !




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